Les objections : accueillir, creuser, traiter, vérifier.
Une objection n’est pas un refus. C’est le prospect qui te dit où il en est. La contourner, la contrer ou la noyer sous une justification, c’est perdre le call. La traiter en quatre temps, c’est souvent le moment où le deal avance.
La méthode en quatre temps
Quelle que soit l’objection, le traitement suit le même ordre. Sauter un temps, c’est répondre à une objection que le prospect n’a pas vraiment faite.
- Accueillir : « Je comprends. » Pas « oui mais ». Le prospect doit sentir que l’objection est légitime avant d’entendre quoi que ce soit.
- Creuser : « Qu’est-ce qui vous fait dire ça ? » L’objection dite n’est presque jamais l’objection réelle. « C’est cher » veut dire « je ne vois pas ce que ça me rapporte », ou « je n’ai pas le budget ce trimestre », ou « je compare à un autre devis ».
- Traiter : avec une preuve, un cadre, un chiffre. Une seule réponse, courte, adressée à l’objection réelle.
- Vérifier : « Ça répond à votre point ? » Si non, tu n’as pas fini.
« C’est cher »
L’objection prix arrive presque toujours trop tôt, parce que le prix a été donné trop tôt. Le remède est avant : chiffrer l’enjeu avant d’annoncer un tarif. Si c’est déjà fait, creuse : cher par rapport à quoi ?
- « Je comprends. Cher par rapport à quoi, à ce que ça vous rapporte ou à un autre devis ? »
- « Vous m’avez dit qu’un client de plus valait 15 000 €. On parle de 1 500 € par mois. Qu’est-ce qui vous retient ? »
« On n’a pas le temps »
Pas le temps pour quoi : le déploiement, la réunion, le changement ? Fais décrire la semaine. Souvent, l’objection temps cache une priorité ailleurs. Tu ne peux pas créer du temps, mais tu peux rendre le problème plus coûteux que le changement.
- « Pas le temps pour quoi, exactement : la mise en place, ou le changement d’habitudes ? »
- « Et le temps que ça vous coûte aujourd’hui, vous le retrouvez où ? »
« On a déjà quelqu’un »
Ne dénigre jamais le prestataire en place. Demande ce qu’il mesure, et ce qui serait différent si c’était parfait. Un prospect qui dit « ça marche à peu près » vient de t’ouvrir une porte : « à peu près » est une objection déguisée en satisfaction.
- « Très bien. Qu’est-ce que vous mesurez avec lui, et qu’est-ce que vous aimeriez voir en plus ? »
- « Qu’est-ce que veut dire “à peu près”, concrètement, sur un mois ? »
« Je dois en parler à mon associé »
C’est l’objection de qualification : le décideur n’est pas là. Ne demande pas au prospect de vendre à ta place. Propose un créneau à trois, maintenant, calendrier ouvert.
- « Bien sûr. Qu’est-ce qu’il va vous demander, à votre avis ? »
- « Je vous propose qu’on le fasse ensemble : vingt minutes à trois jeudi, je réponds à ses questions directement. »
« Envoyez-moi une doc »
Le « envoyez-moi une doc » de fin de call est une façon polie de raccrocher. Accepte, et pose la question qui qualifie : qu’est-ce qui lui ferait la lire ? La réponse dit si le deal existe.
- « Avec plaisir. Qu’est-ce qui vous ferait la lire, plutôt que la ranger ? »
- « Je vous l’envoie, et je vous propose qu’on se rappelle jeudi dix minutes pour en parler. 11 h ou 15 h ? »
Questions
Oui, avant le call. Le dossier de Otik écrit l’objection probable de ce prospect et sa réponse, à partir de ce qu’il a déjà dit par mail.

